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La fatigue : comment la surmonter ?

J’ai 46 ans et je souffre de sclérose en plaques (SEP) depuis quelques années. Ces derniers temps, j’ai de plus en plus souvent des accès de fatigue à ce point intenses que je n’arrive plus à rien faire. J’ai une nature très active et j’ai beaucoup de centres d’intérêt ; je trouve donc terrible de devoir supprimer encore plus d’activités et déclarer forfait pour des sorties planifiées car je suis trop fatiguée. Pour ma famille, ce n’est pas agréable non plus, surtout parce que cela me cause de la frustration et du chagrin.



La fatigue est l’un des symptômes les plus fréquents de la SEP. Selon les études, trois quarts des patients mentionneraient la fatigue comme l’un de leurs problèmes majeurs. La fatigue ne concerne évidemment pas uniquement les patients SEP : dans notre société trépidante et axée sur les prestations, la population y est toujours plus confrontée. La fatigue que connaissent les patients SEP n’est cependant pas une fatigue « ordinaire » : elle possède différentes caractéristiques qui la rendent particulièrement difficile à reconnaître, à accepter, à prévenir et à traiter.


SEP : pas une fatigue « ordinaire »

La fatigue n’est pas proportionnelle à l’effort fourni. Toute personne qui accomplit une performance physique intense ou vit des semaines sur le fil du rasoir sait qu’elle peut s’attendre à une grosse fatigue. En revanche, chez les patients SEP, le moindre effort, comme faire son lit ou se lever un instant, peut entraîner une sensation d’épuisement total. La fatigue est par conséquent difficile à prévoir et peut littéralement « surprendre » quelqu'un.

La fatigue peut être telle qu'elle empêche de faire quoi que ce soit. La fatigue associée à la SEP peut aller d’« une sensation de lenteur », en passant par « des pieds de plomb », jusqu’à un « épuisement extrême » rendant impossible toute forme d’activité. Souvent, outre l’incapacité à fournir des efforts physiques, le patient éprouve aussi d’énormes difficultés à se concentrer, à mémoriser, à s’organiser ou à accomplir toute activité intellectuelle.

La fatigue que ressent le patient ne se voit pas. Les périodes d’intense fatigue ne coïncident pas nécessairement avec une poussée de la maladie. Comme il n’y a pas d'autres symptômes apparents de la SEP, comme la douleur ou les problèmes moteurs, on ne voit pas que le patient se sent mal. Le monde extérieur a l’impression que tout va bien.

La fatigue ne disparaît pas après un bon repos. Réduire les activités et prendre un peu plus de repos peuvent contribuer à prévenir l'apparition d’autres symptômes, mais ces gestes suffisent rarement pour surmonter la fatigue. Dans la plupart des cas, la seule solution consiste à modifier son programme, à se mettre « hors circuit » durant cette période d'extrême fatigue et à attendre tranquillement une amélioration.

La fatigue n’est pas obligatoirement chronique, elle peut se manifester périodiquement. Les périodes d’activité et d’énergie normales peuvent alterner avec des semaines, voire des mois où le moindre effort est insupportable. Cette situation est parfois difficile à comprendre par les proches : ils peuvent encore difficilement estimer ce qui est tolérable et ce qui ne l’est pas. À vous de communiquer clairement à ce sujet : aujourd'hui, je me sens comme ci, demain comme ça.


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Agir là où c’est possible…

Ce n’est pas parce que la fatigue est un symptôme caractéristique de la SEP que l’on ne peut rien y faire. Certains facteurs peuvent en effet déclencher la fatigue, l’inciter ou même l’aggraver et il convient dès lors de les prendre en charge au mieux. Les facteurs fréquents susceptibles d’influencer négativement le niveau d’énergie sont :


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Se mettre « hors circuit » quand c’est nécessaire…

La fatigue qui accompagne la SEP est un symptôme avec lequel il faut apprendre à vivre. On n'y arrive pas du jour au lendemain, surtout si on est une personne de nature très active. Pour beaucoup de patients, la prise en charge des symptômes de fatigue est un processus d'essais et d'erreurs où l'on tombe et se relève à de multiples reprises - parfois au sens propre. Le premier pas vers une meilleure vie avec cette fatigue est l'acceptation. Cela implique que vous devez vous-même admettre qu'il y a des moments où cela ne va pas, et que vos proches l'acceptent aussi - ce qui se révèle parfois une véritable gageure ! Quelques règles d'or pour mieux vivre avec la fatigue et éviter les frustrations :


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Annemie T'Seyen, journaliste