SEP et tabagisme
Le risque de développer une SEP
- Le risque de développer une SEP
- Les fumeurs non actifs
- L'influence sur la progression de la maladie
Le risque de développer une SEP
Une vaste étude épidémiologique menée en Norvège sur plus de 22.000 personnes a montré que le fait de fumer ou d'avoir fumé augmentait le risque de développer une SEP (T Riise et al. Neurology. 2003; 61: 1122-4).
Dans cette étude, par rapport aux non-fumeurs, le risque des fumeurs et des ex-fumeurs était plus élevé d'environ 80 % en moyenne, mais avec des extrêmes très larges puisque le risque pouvait aller de 10 à 300 %!
L'an dernier, une analyse groupée de 6 études sur le sujet a précisé un peu mieux les choses en ramenant la fourchette d'augmentation du risque entre 20 et 50% (CH Hawkes. Mult Scler. 2007; 13: 610-5).
Retour
Les fumeurs non actifs
Une étude suédoise a indiqué par ailleurs que le risque ne concernait pas que les fumeurs actifs (P Sundström et al. Eur J Neurol. 2008; 15: 579-83). En effet, la mesure des taux de cotinine, un des principaux métabolites de la nicotine, a montré que les sujets soumis au tabagisme passif avaient eux aussi un risque plus élevé et une étude française a montré que cette augmentation du risque concernait également les enfants (Y Mikaeloff et al. Brain. 2007; 130: 2589-95).
Globalement, l'ensemble des études va donc dans le sens d'une augmentation du risque de développement d'une SEP chez les amateurs de l'herbe de Nicot.
Retour
L'influence sur la progression de la maladie
Plus controversé est le rôle du tabagisme ancien ou actif sur la progression d'une SEP déjà présente. Il a été suggéré que les anciens fumeurs et les fumeurs toujours actifs ayant une SEP rémittente couraient un risque accru de conversion en SEP secondairement progressive, le coupable présumé étant le protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant, qui serait retrouvé en plus grande quantité chez les fumeurs (MA Hernán et al. Brain. 2005; 128: 1461-5).
Une récente étude hollandaise portant sur 364 sujets atteints de SEP n'a en revanche pas retrouvé de corrélation entre le tabagisme et la progression de la maladie ou du handicap (M Koch et al. Neurology 2007; 69: 1515-20).
Retour
Au total, même si tout n'est pas clair, il ne faut pas oublier tous les autres méfaits du tabagisme, le mot d'ordre logique reste donc "Recyclons les cendriers".
Retour
Dr. Jean-Claude Lemaire



