SEP et grossesse
La sclérose en plaques survenant fréquemment chez des femmes jeunes en âge d'avoir des enfants, ses relations avec la grossesse suscitent beaucoup d'intérêt en raison des nombreux problèmes engendrés par la décision de procréer.
Une équipe allemande (K Hellwig et al. Acta Neurol Scand. 2008; 118: 24-8.) apporte des données récentes grâce à l'interrogatoire de 73 femmes atteintes de sclérose en plaques qui avaient été enceintes (88 grossesses au total).
Parmi ces femmes, 80 % avaient consulté un neurologue avant de débuter leur grossesse et celui-ci a également été consulté pendant la grossesse par 60 % d'entre elles. Tout traitement de fond étant contre-indiqué pendant la grossesse, le désir d'enfant a entraîné un arrêt des traitements immunomodulateurs pendant une durée moyenne de 4 ans.
Cette étude a retrouvé les notions connues d'amélioration de la maladie en cours de grossesse et de rebond ultérieur pendant le premier trimestre après l'accouchement. Pour mémoire, dans l'étude européenne PRIMS (Confavreux et al. N Engl J Med. 1998; 339: 285-91.), il avait été noté, par rapport à l'année précédant la grossesse, une réduction de la fréquence des poussées atteignant 70 % au cours du dernier trimestre de la gestation et une augmentation de 70 % au cours du premier trimestre suivant la naissance, ce qui évoque un "rattrapage" des poussées qui auraient dû survenir pendant les neuf mois de gestation.
Neuf femmes sur dix ont débuté un allaitement au sein, mais dans 30 % des cas celui-ci a du être interrompu en raison de la survenue d'une poussée nécessitant la mise en route d'un traitement par corticoïdes.
Les enfants nés à terme avaient un poids et une taille légèrement, significativement moindres à la naissance que des enfants témoins nés de mères de même âge sans sclérose en plaques.
Au total ce travail apporte des données récentes rassurantes et qui ne doivent certainement pas dissuader une femme ayant une sclérose en plaques de débuter une grossesse.
Dr Jean-Claude Lemaire



